La pyramide est certainement l’emblème par excellence de la civilisation égyptienne. Par sa forme elle symbolise un vaste escalier permettant au roi défunt de rejoindre l’univers des dieux. C’est pendant la IVème dynastie (2650 à 2200 avant notre ère) que les pharaons feront construire les plus grandes pyramides d’Egypte, dont celles du plateau de Gizeh. Le pays connait alors une longue période de stabilité politique et de prospérité économique qui créent les conditions nécessaires pour financer de tels travaux. Et la richesse est telle que chaque pharaon se fait construire une demeure d’éternité rivalisant de gigantisme avec celles de ses prédécesseurs. Recouvertes d’un revêtement de calcaire blanc aujourd’hui quasiment disparu, elles réfléchissaient les rayons du soleil et ne pouvaient qu’éblouir quiconque les regardaient. Pourtant, même si leurs fabuleux monuments ont réussi à traverser les siècles, on ne sait malheureusement que bien peu de choses de la vie de ces souverains. Hérodote s’est chargé de leur donner une réputation peu flatteuse et qui s’est perpétrée jusqu’à nous, présentant la plupart d’entre eux comme des tyrans faisant travailler le peuple jusqu’à l’épuisement pour l’édification de monuments destinés à leur propre gloire. Pourtant, l’importance des cultes funéraires rendus à ces pharaons bâtisseurs tendrait plutôt à dire qu’ils ont été largement vénérés tout au long de l’histoire égyptienne, et donc appréciés de leur vivant.
C’est au Nouvel Empire que nous emmène ensuite Laurence de Greef pour nous parler avec passion de son héros favori : Thoutmosis III, personnage principal de sa trilogie Ta Noutri. Pharaon guerrier et bâtisseur, Thoutmosis III avait du attendre la mort de sa demi-sœur, la célèbre Hatchepsout, pour pourvoir régner. Il est le conquérant audacieux, le « grand de victoires qui élargit les frontières de son pays », maître d’un empire qui s’étend désormais de la Syrie à la Nubie. Mais il est aussi un roi aimé du peuple.
De toutes les civilisations de l’Antiquité, aucune n’a accordé autant d’importance à l’écrit, bien que la population fût dans son immense majorité totalement analphabète. Les scribes, qui partageaient un savoir rare, lire, écrire et compter, furent les agents indispensables du développement de l’état égyptien et de son efficacité administrative. Devenir scribe était aussi une possibilité d’ascension sociale dans la société égyptienne antique, et la perspective intéressante d’échapper aux travaux pénibles auxquels étaient voués les artisans et les paysans.
L’Ancien Testament raconte que « dix plaies » frappèrent l’Egypte alors que Pharaon refusait de rendre leur liberté aux Hébreux. Ces événements qui décrivent la puissance du dieu de Moïse sont surtout à considérer sous l’angle du mythe. Pourtant, deux géologues ont étudié la possibilité d’une série de catastrophes naturelles sur lesquelles ces « plaies » pourraient s’inspirer.
Le Musée des Antiquités égyptiennes de Turin, fondé en 1824, est le seul musée au monde autre que le Musée du Caire entièrement dédié à l’Egypte antique. Avec 6 500 œuvres exposées et 26 000 en réserve, c’est une des plus belles et une des plus grandes collections égyptologiques du monde. Nous vous en présentons un tout petit aperçu. Si vous êtes plutôt à Paris, où si vous comptez vous y rendre, nous vous invitons à ne pas rater l’exposition « Le crépuscule des pharaons. Chefs-d’œuvre des dernières dynasties égyptiennes », au Musée Jacquemart-André. L’Egypte tardive, trop souvent négligée, y sera à l’honneur. Les Parisiens seront vraiment gâtés car ils pourront aussi voir la fabuleuse exposition itinérante « Toutankhamon, son tombeau et ses trésors », à laquelle nous avions consacré tout un article dans le premier numéro de notre revue.
Bonne lecture et à bientôt !
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