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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 12:15
Hors Série N° 2 : "Pharaon" - Parution : 28 juin 2013

Egypte Ancienne a deux ans. L’an dernier, pour célébrer la fin de la première année du magazine, nous avions consacré tout un numéro hors série à l’immense patrimoine architectural et archéologique que la civilisation égyptienne antique a légué à l’Humanité. Assez rapidement, il nous est apparu qu’un magazine entier allait être tout juste suffisant pour survoler rapidement les sites les plus célèbres et que nous allions devoir laisser sous silence une multitude de choses moins connues du grand public, mais tout aussi intéressantes sur les plans historique et religieux qu’esthétique et architectural. Il en va souvent ainsi avec l’Egypte ancienne : ce n’est pas en quelques pages que l’on peut restituer toute la complexité du sujet. Aussi, nous ne prétendons pas le couvrir de façon exhaustive : notre objectif est plutôt de faire un peu rêver nos lecteurs, de leur donner envie d’en savoir d’avantage et surtout, de se rendre sur place pour qu’ils ressentent eux-mêmes le choc d’être physiquement confronté à toutes ses ruines magnifiques.

Ces incroyables constructions qui sont pour la plupart parvenues à traverser le temps sont le produit d’une exceptionnelle civilisation de bâtisseurs qui consacrait toute son énergie et son intelligence à construire pour le sacré. Notre sens des réalités actuel a du mal à comprendre comment tout un peuple pouvait être uni dans l’effort et consacrer sa vie à ériger un édifice aussi monumental qu’inutile qu’une pyramide. On risque de l’interpréter comme une manifestation du despotisme et de la mégalomanie des pharaons. Mais pour l’Egyptien ancien, cet homme simple qui percevait la présence du divin dans le Nil nourricier qui irriguait ses champs et dans le soleil qui passait à la verticale au-dessus de lui, prodiguant à la terre et aux hommes sa lumière génératrice et bienfaisante, le sacré était absolument essentiel. C’était grâce aux dieux que l’Egypte était l’Egypte, riche, prospère et heureuse : tous les ans, ils envoyaient la crue, qui irriguait les champs et déposait ce limon noir fertile qui a donné son nom au pays, Kemet.

Garants de l’équilibre cosmique, les dieux sont représentés sur Terre par un homme désigné pour guider les autres hommes : Pharaon. Bien plus qu’un roi ordinaire, c’est un homme qui remplit des fonctions de nature divine. Sa personne est sacrée et après sa mort, il devient un dieu. Quoi de plus normal qu’on lui construise un somptueux monument pour abriter sa dépouille mortelle et permettre à son âme immortelle de rejoindre les autres dieux dans le ciel ? L’Egypte ancienne est indissociable de l’institution pharaonique ; elle lui doit cette spécificité qui nous enchante tant, mais aussi son extraordinaire stabilité politique : environ trois millénaires. Pour ce second numéro hors série, c’est cette institution si particulière que nous vous proposons de mieux connaître, connaissance indispensable pour appréhender la civilisation égyptienne dans sa globalité. On estime qu’environ 200 pharaons ont régné sur l’Egypte. Quelques uns sont illustres tandis que d’autres nous sont encore très mal connus. Nous vous en présentons quelques uns, afin d’illustrer quelles personnalités importantes ont marqué les grandes périodes de l’histoire égyptienne antique.

Pharaon, le mot lui-même est mystérieux … Nous espérons qu’à l’issue de la lecture de ce numéro, il le sera un peu moins pour vous.

Bonne lecture !

Hors Série N° 2 : "Pharaon" - Parution : 28 juin 2013
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:33

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Ramsès III est le dernier, sinon un des tous derniers grands représentants d’une civilisation égyptienne antique qui va bientôt amorcer son inexorable déclin. Deuxième pharaon de la 20ème dynastie, nous nous approchons alors doucement vers la fin du Nouvel Empire, pourtant, à peine trente années sépare le début de son règne de la fin de celui du plus illustre de ses prédécesseurs : Ramsès II, dit Ramsès le Grand. Ramsès III consacrera toute son énergie pour maintenir le prestige et la grandeur de l’Egypte. Mais il commettra une erreur fatale : il ne s’exprimera jamais sur le choix de sa grande épouse royale, choix qui détermine qui sera l’héritier du trône. Alors que nul mortel ne saurait lever la main sur un quasi-dieu, la fin de règne se termine de la pire des manières : par un complot. C’est l’irruption du chaos au pays de la Maât.

Comment les Anciens égyptiens s’aimaient-ils ? Après deux millénaires de civilisation judéo-chrétienne où on nous a souvent répété que le corps était impur et que la femme était une tentatrice inspirée par le Démon, on a souvent tendance à imaginer les sociétés de l’Antiquité comme une sorte de paradis perdus de la sensualité, voire de la débauche et de l’immoralité. Vision réductrice influencée par la façon dont un certain cinéma s’était emparé du sujet ? Peut-être. Pour les Anciens égyptiens, qui ignoraient ce concept de culpabilité, le sexe était un bienfait de la vie. Pour commencer, c’est par le sexe que le monde avait été crée. Pour cette population essentiellement agricole où l’espérance de vie était précaire, la fertilité des hommes et des femmes était aussi essentielle que celle de la terre. Au-delà des impératifs de la reproduction, les Egyptiens avaient aussi une véritable sexualité de plaisir. Mais aussi, des interdits et des tabous. Et si Pharaon avait absolument tous les droits, il n’en était rien de ses sujets.

Que n’a-t-on pas écrit à propos du Grand Sphinx du plateau de Gizeh ! La communauté égyptologique est plutôt d’accord pour dire qu’il date de l’Ancien Empire et qu’il a été probablement construit durant le règne du pharaon Khephren, fils du pharaon Khéops. Il est situé au pied de la chaussée qui relie le temple d’accueil au temple haut du complexe funéraire de Khephren, et le temple situé devant le Sphinx lui-même laisse supposer qu’un culte devait lui être rendu. Mais ce ne sont que des suppositions. On ignore la fonction précise de cette gigantesque statue – la plus grande et la plus ancienne statue monolithique au monde – et on ne sait pas non plus de qui il est le portrait. Union de la force du lion et de l’intelligence de l’homme, le sphinx est une créature divine qui symbolise la puissance maîtrisée par l’esprit : c’est exactement ce qu’est Pharaon. Mais certains chercheurs avancent l’hypothèse que le Grand Sphinx serait très antérieur à la civilisation égyptienne. Qu’en est-il exactement ?

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 09:46

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L’Egypte ancienne est une étrange civilisation qui accordait plus d’importance à la mort qu’à la vie. Ou plus exactement, à la vie dans l’au-delà, le fait de décéder n’étant qu’un bref état transitoire entre une vie terrestre et une vie céleste. Son panthéon est d’une incroyable complexité : elle vénérait des centaines de dieux et de déesses pour la plupart représentés sous la forme d’étranges créatures mi-homme mi-bêtes et ne comptait pas moins de trois principales cosmogonies. De plus, une même divinité était capable de tenir des rôles différents sous des formes multiples, adoptant alors des caractères différents. Et comme si ce n’était pas assez compliqué, plusieurs divinités pouvaient fusionner pour ne former qu’une seule au final. Mais tous les Egyptiens, du plus humble des sujets de Pharaon à Pharaon lui-même, ne pouvaient concevoir leur existence terrestre et encore moins dans l’au-delà sans la protection de ces étranges créatures. Dans ce numéro, nous allons donc vous présenter une rapide introduction de la vie religieuse dans l’Egypte ancienne.

C’est de l’Egypte ancienne encore d’où nous vient le plus ancien corpus de textes religieux de l’Humanité connu à ce jour. Ce sont des textes funéraires gravés sur les parois de la pyramide du pharaon Ounas (5ème dynastie), et qui ont donc environ 4300 ans. Les pyramides sont certainement les monuments les plus emblématiques de cette civilisation, mais que connait-on vraiment sur elles ? Nous proposons de passer en revue les questions les plus fréquentes qu’on peut se poser à leur sujet.

Au Nouvel Empire, les souverains ne se faisaient plus construire une pyramide en guise de tombeau et de monument de culte, mais deux constructions distinctes, toutes deux situées sur la rive occidentale du Nil à Thèbes. L’une était le tombeau souterrain caché dans la Vallée des Rois, espérant que les pilleurs de tombes ne le trouveraient pas facilement, et l’autre était « Le temple des millions d’années », où l’on rendait un culte au pharaon de son vivant puis à sa mort. Le plus extraordinaire et le plus grand de tous ces temples est malheureusement détruit en totalité : il s’agissait du temple d’Amenhotep III. Placé trop près du lit principal du Nil, il a été très tôt dégradé par les crues annuelles du fleuve, et rapidement ses successeurs ont puisé dans ses ruines pour construire leur propre temple. De nos jours, c’est un vaste chantier de fouilles qui fourni régulièrement son lot de merveilles, mais il est surtout connu pour les deux colossales statues qui étaient placées devant le premier pylône, et qu’on appelle les colosses de Memnon.

En 1815, quand Giovanni Batista Belzoni arrive en Egypte, rien ne le prédisposait à devenir un pionnier de l’égyptologie. Artiste de cirque qui comptait faire fortune en proposant un ingénieux système de pompe à eau, il se retrouve par un concours de circonstances à travailler pour le consul d’Angleterre, Henry Salt, opposé dans sa course aux antiquités égyptiennes avec Bernardino Drovetti, qui travaillait pour le compte de la France. A une époque où l’éthique professionnelle n’existait pas … Aventurier ou pionnier ? C’est la question à laquelle nous tentons de répondre. Une chose est néanmoins certaine : Belzoni est réellement et sincèrement tombé amoureux de la civilisation égyptienne ancienne.

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 09:28

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Reines d’Egypte … Immédiatement plusieurs grands noms viennent à l’esprit : Hatchepsout, Néfertiti, Cléopâtre … Pourtant, les plus médiatiques ne sont pas forcément les plus remarquables et nous verrons qu’en dehors des stars incontournables de la catégorie, elles ont pratiquement toutes joué un rôle politique de premier plan. Mais toujours aux cotés de leur époux. En fait, ce qu’il important de comprendre, c’est que la monarchie dans l’Egypte pharaonique, ce n’est pas uniquement le pharaon, c’est le couple royal : c'est-à-dire le pharaon et la … ? Mais qui exactement ? Oui, car le terme « reine » - ou encore moins pharaonne - n’existe pas dans la langue de l’époque. Car la reine porte en fait le – ou les – titre(s) de « Mère du Roi », « Epouse du Roi », « Mère des enfants du Roi », « Sœur du Roi », « Fille du Roi » … Et cette « reine » d’Egypte est tout simplement une femme indispensable à l’harmonie cosmique et terrestre si chère aux Egyptiens de l’Antiquité. Egale en droit et complémentaire dans ses attributions, respectée de tous, reconnue par les chefs d’état étrangers, elle est certes l’épouse aimante et la mère attentive, mais elle est aussi la confidente du roi et son plus fidèle alliée. Pas dans son ombre, mais en pleine lumière. Jamais elle n’usurpe le trône mais il lui arrive souvent d’assurer la régence, parfois même avec les pleins pouvoirs, lorsque son époux est absent – ou mort – jusqu’au moment où le rejeton légitime est en âge de prendre la succession. Alors seulement l’« Epouse du Roi » défunt devient la « Mère du Roi » régnant, mais son rôle politique ne s’arrête pas pour autant.

La reine d’Egypte, c’est Isis, qui envers et contre tout reste fidèle à la mémoire de son époux, Osiris, assassiné par un frère jaloux qui lui vole son trône. Et qui va lutter jusqu’au bout de ses forces pour que son fils Horus puisse retrouver le trône usurpé par son oncle Seth. Mythe fondateur de la civilisation égyptienne, la légende d’Isis et d’Osiris, en racontant des évènements antérieurs au règne des pharaons humains, donne la légitimité au roi de se réclamer des dieux. Et déjà là, on y trouve le rôle essentiel tenu par l’épouse du roi, qui démontre une détermination et une loyauté à toute épreuve.

Osiris mort sans descendance, son corps découpé en morceaux par son assassin, il fallait absolument trouver un moyen pour le ramener à la vie afin qu’il puisse féconder son épouse Isis et que l’Egypte ait un jour un héritier légitime. Heureusement, Anubis reconstitua son corps et grâce à la magie, Isis put recueillir sa semence et enfanter Horus. Osiris est donc la première momie égyptienne, momie mythique, mais suivie par tant d’autres, bien réelles celles-là : retour sur les techniques utilisées par les anciens Egyptiens pour embaumer leurs morts et leur ouvrir les portes de l’éternité.

Les femmes sont décidemment à l’honneur dans ce numéro, car c’est grâce à l’action d’une célèbre égyptologue française que nous devons en grande partie le sauvetage des temples de Haute-Nubie, Philae et Abou Simbel pour ne citer que les plus connus, menacés par les eaux du lac Nasser. Christiane Desroches-Noblecourt, évidemment, à qui nous rendons hommage.

Fascinant, n’est-ce pas ? Tout ceci vous donne vraiment envie de devenir égyptologue. Très bien : notre enquête devrait vous mettre sur la voie pour y parvenir. Et surtout ne vous découragez pas !

Bonne lecture !

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 10:18

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Devenue une province de l’empire des Achéménides, l’Egypte passe sous la domination d’Alexandre le Grand en 332 av. J.-C., où le conquérant est accueilli comme un libérateur après les cruautés des Perses. L’Egypte ptolémaïque résulte du partage de ses conquêtes entre ses généraux : c’est Ptolémée qui reçoit l’Egypte. Avec la dynastie qu’il a fondée, le vieux pays renoue avec la grandeur et la prospérité, mais sous une nouvelle organisation sociale et économique. Pendant 300 ans, les Ptolémée gèrent le pays comme un immense domaine privé où l’arrière-pays, la vallée du Nil, nourrit la ville, Alexandrie. Celle-ci devient le principal foyer économique et culturel de tout le bassin méditerranéen. Soucieux de se concilier le clergé, les Ptolémée restaurent, embellissent et construisent de nombreux et somptueux temples dans l’ancienne tradition. Grâce à une production agricole largement excédentaire l’état est très riche, mais les Egyptiens eux-mêmes ne profitent guère de cette prospérité. Le pays est en fait une vaste colonie grecque et dans les campagnes, où le poids des impôts écrase de plus en plus les paysans, le mécontentent gronde, attisé par les prêtres. D’autre part, les Ptolémée s’affaiblissent en guerres incessantes contre les autres états résultant du partage de l’empire d’Alexandre, mais aussi en complots et révoltes de palais. La dégénérescence du pouvoir provoque le déclin économique et le chaos s’installe à nouveau. Dans un sursaut d’orgueil et de lucidité politique, Cléopâtre tentera de préserver l’indépendance de l’Egypte et de restaurer sa grandeur, mais elle devra finalement s’incliner face à la superpuissance de l’époque : Rome.

 

Le musée historique du Palatinat à Spire, en Allemagne, présente jusqu'au 14 octobre des chefs-d'oeuvre du musée égyptien de Turin. Nous vous en présentons un tout petit aperçu de l'exposition "Découvrir les trésors d'Egypte".


L’Egypte ancienne est une civilisation agricole. C’est le Nil, avec sa crue annuelle apportant les limons fertiles, qui a permis l’implantation de communautés et favorisé leur épanouissement sur cet étroit oasis long d’un millier de km. Les voyageurs – Hérodote en tête – s’extasiaient devant cette terre où tout semblait pousser sans effort. Nous allons voir qu’il n’en était rien : les paysans, qui représentaient environ 90% de la population et sur qui tout reposait, ont mené une existence particulièrement rude et ingrate et leur condition était bien peu enviable.

 

Bonne lecture !

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 07:55

Il est désormais possible de s'abonner à Egypte Ancienne magazine. Vous pouvez le faire directement depuis le site internet de l'éditeur (Export Press Editions : link), ou bien en découpant le bon de commande qui sera désormais joint à chaque magazine à partir du numéro 5, dont la sortie est prévue pour fin juillet, ou encore en imprimant celui-ci :

 

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A noter que la formule d'abonnement n'inclut pas les numéros hors série et/ou numéros spéciaux mais seulement les quatre numéros trimestriels.

 

Concernant les anciens numéros, le numéro 2 est épuisé.


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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 07:42

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Au programme : de nombreuses photos classées par thèmes, articles sélectionnés, annonces diverses, et échanges les plus variés entre passionnés par l’Egypte.

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 07:23

01-HS1-001-001.jpgPour fêter le premier anniversaire de notre cher magazine, nous vous proposons ce numéro hors série « spécial patrimoine ». L’Egypte ancienne, trois fois millénaire, possède des centaines de sites disséminés le long de la vallée du Nil, son artère vitale historique, constituant ainsi la plus fabuleuse exposition d’antiquités à ciel ouvert. Evidemment, certains sites ne sont pas ouverts au public et d’autres présentent un intérêt immense pour les archéologues mais moins évident pour les amateurs, et certaines zones du pays ne sont pas conseillées aux touristes pour des raisons d’insécurité, qui d’ailleurs sont bien antérieures aux évènements du printemps dernier. Il n’est pas possible d’être exhaustif, à moins de disposer de plusieurs centaines de pages, et la question de la classification de la présentation de cet immense patrimoine se pose immanquablement : chronologiquement, en remontant le temps, ou géographiquement, en remontant – ou descendant – le Nil ?

Ne sachant trop finalement comment répondre à cette question, nous avons opté pour un découpage plutôt thématique, mélangeant à la fois le temps et l’espace, sachant qu’il est évidemment imparfait, un peu arbitraire et certainement critiquable. Le voyage commence donc à Memphis, capitale de l’Egypte durant tout l’Ancien Empire. Riche de 4000 ans d’histoire, de nos jours il ne reste quasiment rien de la ville antique elle-même, et ses rares vestiges sont absorbés à la fois par les cultures et la poussé urbaine de la banlieue du Caire. Mais elle est le lieu où on été édifiés quelques uns des plus anciens, étonnants et spectaculaires monuments construits par l’homme, ces formidables témoins de pierres qui semblent défier le temps : les Grandes Pyramides de Gizeh. Puis nous remontons à la fois le temps et le fleuve pour nous arrêter à Abydos, la ville sainte du Moyen Empire et le principal centre religieux de tout le pays à cette époque. Nous continuons ensuite notre périple jusque Thèbes, la toute puissante capitale religieuse du Nouvel Empire, avec les complexes religieux de Karnak et Louxor sur la rive orientale du Nil et sa nécropole sur la rive opposée. Thèbes a été le plus grand centre religieux de toute l’Antiquité. L’accumulation exceptionnelle de monuments eux-mêmes exceptionnels de part et d’autre du fleuve en fait une destination absolument unique au monde.

Le voyage se termine en beauté avec la région d’Assouan, tout au sud du pays. Pendant l’Antiquité, la ville était la frontière entre le monde civilisé des Egyptiens et le monde mystérieux qui s’enfonce dans les profondeurs de l’Afrique. Ce monde mystérieux et inconnu d’où provient la crue annuelle du Nil, qui apporte l’eau nourricière et le limon qui fertilise les champs de la vallée, et qui a permis l’épanouissement de cette extraordinaire civilisation. C’est dans cette région lointaine que Ramsès II avait fait édifier « la huitième merveille du monde », le temple d’Abou Simbel, pour affirmer l’autorité de pharaon le plus loin possible mais aussi pour remercier les dieux d’être aussi bienveillants à l’égard des hommes. Pourtant, de telles merveilles ont bien failli disparaitre à jamais : le haut barrage d’Assouan a failli noyer Abou Simbel, Philae, et bien d’autres sanctuaires, sous les eaux du lac de rétention créé par le barrage. Le temps et les catastrophes naturelles sont responsables de la disparition de chefs-d’œuvre irremplaçables. L’activité humaine l’est malheureusement bien d’avantage, mais le monde a pris conscience de l’importance de son patrimoine et a entrepris de le sauvegarder. Enfin, nous apporterons une touche finale « hors classement » avec un passage en revue des plus grands temples de l’époque ptolémaïque. Epoque tardive d’une Egypte sous administration grecque qui a su se fondre dans les coutumes locales et à qui on doit des constructions absolument somptueuses. C’est avec une touche de nostalgie que ce numéro s’achève avec Philae, le dernier sanctuaire égyptien encore en activité jusqu’au 6e siècle où le culte d’Isis est alors définitivement interdit par les Chrétiens.

Donc, dans ce numéro, point de longue biographie savante avec profusion de dates oubliées dans les méandres du temps et de noms impossibles à mémoriser. Nous voulons surtout laisser place au rêve, celui d’un voyage dans le temps dans les splendeurs d’une Egypte éternelle dont la magie est toujours présente et ne cesse de nous fasciner. Et puis, surtout, de vous donner envie d’aller visiter l’Egypte, qui d’ailleurs a bien besoin du retour des touristes.

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 08:47

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La pyramide est certainement l’emblème par excellence de la civilisation égyptienne. Par sa forme elle symbolise un vaste escalier permettant au roi défunt de rejoindre l’univers des dieux. C’est pendant la IVème dynastie (2650 à 2200 avant notre ère) que les pharaons feront construire les plus grandes pyramides d’Egypte, dont celles du plateau de Gizeh. Le pays connait alors une longue période de stabilité politique et de prospérité économique qui créent les conditions nécessaires pour financer de tels travaux. Et la richesse est telle que chaque pharaon se fait construire une demeure d’éternité rivalisant de gigantisme avec celles de ses prédécesseurs. Recouvertes d’un revêtement de calcaire blanc aujourd’hui quasiment disparu, elles réfléchissaient les rayons du soleil et ne pouvaient qu’éblouir quiconque les regardaient. Pourtant, même si leurs fabuleux monuments ont réussi à traverser les siècles, on ne sait malheureusement que bien peu de choses de la vie de ces souverains. Hérodote s’est chargé de leur donner une réputation peu flatteuse et qui s’est perpétrée jusqu’à nous, présentant la plupart d’entre eux comme des tyrans faisant travailler le peuple jusqu’à l’épuisement pour l’édification de monuments destinés à leur propre gloire. Pourtant, l’importance des cultes funéraires rendus à ces pharaons bâtisseurs tendrait plutôt à dire qu’ils ont été largement vénérés tout au long de l’histoire égyptienne, et donc appréciés de leur vivant.

C’est au Nouvel Empire que nous emmène ensuite Laurence de Greef pour nous parler avec passion de son héros favori : Thoutmosis III, personnage principal de sa trilogie Ta Noutri. Pharaon guerrier et bâtisseur, Thoutmosis III avait du attendre la mort de sa demi-sœur, la célèbre Hatchepsout, pour pourvoir régner. Il est le conquérant audacieux, le « grand de victoires qui élargit les frontières de son pays », maître d’un empire qui s’étend désormais de la Syrie à la Nubie. Mais il est aussi un roi aimé du peuple.

De toutes les civilisations de l’Antiquité, aucune n’a accordé autant d’importance à l’écrit, bien que la population fût dans son immense majorité totalement analphabète. Les scribes, qui partageaient un savoir rare, lire, écrire et compter, furent les agents indispensables du développement de l’état égyptien et de son efficacité administrative. Devenir scribe était aussi une possibilité d’ascension sociale dans la société égyptienne antique, et la perspective intéressante d’échapper aux travaux pénibles auxquels étaient voués les artisans et les paysans.

L’Ancien Testament raconte que « dix plaies » frappèrent l’Egypte alors que Pharaon refusait de rendre leur liberté aux Hébreux. Ces événements qui décrivent la puissance du dieu de Moïse sont surtout à considérer sous l’angle du mythe. Pourtant, deux géologues ont étudié la possibilité d’une série de catastrophes naturelles sur lesquelles ces « plaies » pourraient s’inspirer.

Le Musée des Antiquités égyptiennes de Turin, fondé en 1824, est le seul musée au monde autre que le Musée du Caire entièrement dédié à l’Egypte antique. Avec 6 500 œuvres exposées et 26 000 en réserve, c’est une des plus belles et une des plus grandes collections égyptologiques du monde. Nous vous en présentons un tout petit aperçu. Si vous êtes plutôt à Paris, où si vous comptez vous y rendre, nous vous invitons à ne pas rater l’exposition « Le crépuscule des pharaons. Chefs-d’œuvre des dernières dynasties égyptiennes », au Musée Jacquemart-André. L’Egypte tardive, trop souvent négligée, y sera à l’honneur. Les Parisiens seront vraiment gâtés car ils pourront aussi voir la fabuleuse exposition itinérante « Toutankhamon, son tombeau et ses trésors », à laquelle nous avions consacré tout un article dans le premier numéro de notre revue.

Bonne lecture et à bientôt !

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 09:11

 

01-01-001-001Amenhotep IV, plus connu sous le nom d'Akhenaton, le « Bienfaiteur d'Aton », est à la fois un des pharaons les plus populaires, énigmatiques, et atypiques de l'Egypte ancienne. Dixième pharaon de la XVIIIe dynastie, on situe son règne de 1355 av. JC à 1338 av. JC. Il est l'époux de la belle Néfertiti et le père de Toutankhamon, deux autres grandes « célébrités » de cette époque. Le Nouvel Empire, la période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne, est alors à son apogée. Mais Akhenaton, en voulant imposer le culte solaire exclusif d'Aton, dont il est le prophète et l'incarnation, provoque des bouleversements profonds dans cette société très conservatrice. Il fait construire une nouvelle capitale dans un lieu désertique vierge de la présence de toute autre divinité … et éloigné de Thèbes et de son puissant clergé d'Amon. La nouvelle religion, en rupture avec la tradition, va aussi donner naissance à de nouvelles formes artistiques, caractéristiques de la période : l'art amarnien. Mais le roi néglige la politique et la diplomatie et l'Egypte connait un affaiblissement soudain et préoccupant sur la scène internationale. La crise s'étend aussi à l'intérieur car la réforme religieuse a non privé les temples de leur rôle cultuel, mais aussi économique et social. Lorsqu'il meurt, ses successeurs s'empresseront de faire disparaître toutes les traces de ce roi « hérétique » et de revenir à la tradition.

 

Depuis l'Edit de Theodose en 392, l'Eglise avait fermé tous les temples païens où quelques prêtres d'Amon perpétuaient encore la tradition, et avait maintenu un strict interdit sur ces caractères diaboliques appelés hiéroglyphes. Plus personne n'était alors capable de comprendre ces signes mystérieux, qui renfermaient toute la richesse spirituelle d'une civilisation plusieurs fois millénaire. On pense avoir la clé de l'énigme en 1799 lorsque le lieutenant Bouchard découvre la pierre de Rosette, lors de l'expédition d'Egypte de Bonaparte. Mais ce n'est pas suffisant : il faudra tout le génie, l'énorme  masse de connaissances, et l'obstination de Jean-François Champollion pour que les hiéroglyphes parlent à nouveau. Passionné au plus haut point par l'Egypte ancienne, il lui a tout donné, et elle a fini par lui révéler son secret. L'égyptologie était née.

A l'opposé de sociétés beaucoup plus récentes et soi-disant avancées, la place de la femme dans l'Egypte ancienne est exemplaire par sa modernité. A défaut d'une stricte égalité avec l'homme, on lui reconnaît son indispensable complémentarité, avec tout le respect et les droits qui lui sont associés. Et elle est bien évidemment une source d'inspiration intarissable pour la poésie et la romance. On retrouve cette dualité et cette recherche permanente de l'équilibre jusque dans les récits cosmogoniques de la création du Monde, où chaque chose contient son indispensable contraire, comme le principe masculin et féminin … Mais la grande sagesse des Egyptiens anciens ne les dispensaient pas d'être parfois moqueurs et ironiques, comme en témoigne l'étonnant Papyrus érotique de Turin. Enfin, pour cette édition, nous vous emmenons en visite touristique à Karnak, le plus grand complexe religieux de toute l'Antiquité, dont Champollion plus qu'admiratif disait que toute l'imagination européenne s'arrêtait pour « tomber impuissante au pied des cent quarante colonnes de la salle hypostyle ». Champollion exagère peut-être un tout petit peu, mais il est vrai qu'il y a de quoi stupéfier même les plus blasés des « vieilles pierres ».

Bonne lecture !

 

Philippe Ilial, Vincent Willaime

 

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